Notre accompagnement solidaire auprès de plusieurs femmes victimes de viols conjugaux, commis par un seul et même agresseur, dans un procès à la Cour d'Assises des Hauts-de-Seine

Communiqué du 14-11-2016

 Un procès a lieu, au sein de la Cour d’Assises des Hauts-de-Seine, du 14 au 17 novembre 2016, s’agissant de faits de viols conjugaux, commis par un seul et même homme, à l’encontre de plusieurs femmes, dont trois qui ont pu porter plainte et se constituer partie civile. D’autres femmes qui, à cause du délai de prescription de 10 ans concernant les viols commis sur personne majeure, n’ont pas pu porter plainte, pourraient apporter leur témoignage à la barre.

En effet, l’agresseur a successivement mis sous emprise au moins 5 femmes, mettant à profit le huis-clos du couple. C’est un rouage de la stratégie des agresseurs que nous avons l’habitude d’observer, depuis 30 ans, au sein de notre permanence téléphonique « Viols Femmes Informations – 0 800 05 95 95 » : le conjoint violent isole, humilie, terrorise et menace les victimes, les privant de tout soutien.

Nous avons tenu à nous constituer partie civile pour faire écho au cri de révolte de toutes les femmes victimes de viols commis par un conjoint. Ce procès, emblématique de multiples autres situations de viols conjugaux en France, est l’occasion de faire la pédagogie des droits et intérêts des victimes, ainsi que de leurs leviers de libération et de mise en sécurité.

Il s’agit en outre, pour le CFCV, de saluer le travail exemplaire qu’a accompli la directrice d’enquête, qui a contribué à ce que cinq victimes, dont deux pour lesquelles les faits sont malheureusement prescrits, puissent se saisir de leurs droits. En effet, lorsqu’elle a entendu la parole de la première des victimes à avoir pu porter plainte, la lieutenant de police s’est fondée sur une logique qui devrait toujours prévaloir face à une plainte pour violences sexuelles, en particulier lorsqu’il s’agit de viol conjugal : chercher les victimes qui n’ont pas encore pu libérer leur parole. Car un violeur viole autant qu’il le peut, tant qu’il n’est pas mis hors d’état de nuire par la justice.

Nous serons là, à Nanterre, aux cotés des victimes, pour les soutenir tout au long du procès, de façon à ce que, quelle que soit l’issue du procès, elles puissent poursuivre leur chemin de reconstruction et refleurir pleinement.





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