Enquête Médiapart et Rue89 Lyon : « Inceste : les dix ans de lutte d’une mère contre les défaillances de la justice »
À Saint-Étienne, une mère dénonce l’incapacité de la justice à protéger sa fille de 10 ans. Elle a déposé plainte pour la première fois contre le père de celle-ci pour agression sexuelle en 2017. Les travailleurs sociaux décrivent un « climat incestuel », mais il dispose toujours d’un droit de visite.
EXTRAIT DE L’ARTICLE :
justice a toujours fait primer la présomption d’innocence sur le principe de précaution. Or, nous sommes devant un juge des enfants, censé protéger ma fille avant tout. » Si Julia Vallet* a décidé de parler, c’est uniquement pour cela : protéger sa fille. Une ultime bouteille à la mer après plus de dix ans de calvaire durant lesquels la justice, elle, semble avoir échoué à le faire.
Son histoire contient à elle seule tous les griefs reprochés à l’institution judiciaire en matière de traitement des affaires d’inceste. Classements sans suite, inversion de la culpabilité, condamnation de la mère pour enlèvement d’enfant, placement à l’aide sociale à l’enfance (ASE) et maintien des droits du père. Autant de dysfonctionnements soulevés par la commission d’enquête parlementaire sur le traitement judiciaire de l’inceste, dont les audiences ont pris fin le 22 mai.
« Dans cette affaire, il y a tous les éléments caractéristiques de la maltraitance institutionnelle qui s’abat sur les mères lorsqu’elles dénoncent des faits d’inceste commis sur leur enfant », abonde Marie Sablon, avocate de Julia Vallet. « Avec, cette fois-ci, une situation assez inédite, à savoir que même les professionnels de la protection de l’enfance ne sont pas écoutés. »
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