Communiqué de presse suite à la publication du bilan d’étape de la CIIVISE
À la suite de la publication du bilan d’étape de la CIIVISE du 15 juin 2026, indiquant que 75% des 82 recommandations formulées en novembre 2023 seraient « mises en œuvre », totalement ou partiellement, nous, associations de défense des enfants, souhaitons exprimer les plus sérieuses réserves quant à l’évaluation présentée de l’état d’avancement de ces recommandations.
Ainsi, et à titre d’exemples, présenter la suspension des visites médiatisées (reco n° 29), le contrôle et la sanction du défaut de notification des classements sans suite (n°51), l’interdiction des confrontations (n°55) ou l’entretien individuel de dépistage des violences (n°8) comme des mesures « pleinement effectives » dénote une méconnaissance flagrante et inquiétante de la réalité des situations vécues par les victimes.
De même, comment oser prétendre que la priorisation des dossiers de violences sexuelles sur enfants serait une recommandation « pleinement effective » alors que le drame de la petite Lyhanna est dans tous les esprits ?
Le bilan de la CIIVISE ne fournit aucun indicateur détaillé ni aucun élément méthodologique permettant de comprendre comment les chiffres annoncés ont été obtenus ou d’en mesurer l’efficacité concrète sur le terrain. Cette absence de transparence interroge directement la fiabilité des résultats présentés, au regard des difficultés persistantes rencontrées sur le terrain par les victimes, leurs proches et les professionnels.
De même, certaines mesures qui ont pourtant été formalisées par des décrets ou des circulaires, ne sont pas appliquées dans les faits. La recommandation 25 relative à la non-représentation d’enfant en constitue une illustration emblématique. Des parents protecteurs, le plus souvent des mères, continuent d’être régulièrement poursuivis pour ce délit malgré l’existence d’un cadre censé les protéger.
Le bilan dressé par la CIIVISE tend à placer le gouvernement dans une situation de confort institutionnel, laissant penser que la mise en œuvre des recommandations serait en voie d’achèvement. Or l’analyse de terrain montre que nous en sommes encore très loin. Beaucoup trop loin.
La mise en œuvre des recommandations de la CIIVISE ne peut se limiter à un affichage purement déclaratif mais exige une transparence totale sur les méthodes employées, les moyens réellement mobilisés, les mécanismes de pilotage, de contrôle et d’évaluation des politiques publiques ainsi que sur les obstacles identifiés.
Face à l’ampleur des enjeux liés à la protection des enfants victimes d’inceste, nous appelons à une évaluation rigoureuse, indépendante et documentée de l’application des 82 recommandations. Cette exigence constitue la seule garantie d’une politique publique à la hauteur des attentes des victimes et des engagements pris.
Nous resterons pleinement mobilisés pour contribuer à ce travail de vigilance.
Associations signataires :
- CDP-Enfance, Comprendre Défendre Protéger l’Enfance
- Face à l’Inceste
- Collectif Féministe Contre le Viol
Viols Femmes Informations
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Du lundi au vendredi, de 10h à 19h
Violences Sexuelles dans l’Enfance
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