Plaintes entravées : ce que révèle l’enquête 2025 du CFCV

Plaintes refusées, découragées, détournées ou déqualifiées.

En novembre et décembre 2025, le Collectif Féministe Contre le Viol a mené une enquête intitulée Plaintes refusées, découragées, détournées ou déqualifiées

Télécharger l’infographie de l’enquête

Télécharger la synthèse de l’enquête

Plaintes entravées : ce que révèle l’enquête 2025 du CFCV

 

En novembre et décembre 2025, le Collectif Féministe Contre le Viol a mené une enquête intitulée Plaintes refusées, découragées, détournées ou déqualifiées. À partir de 78 situations rapportées et de 20 témoignages reçus sur les lignes d’écoute, cette étude documente les obstacles rencontrés par des victimes de violences sexuelles lorsqu’elles tentent de déposer plainte auprès des forces de l’ordre.

Des violences graves et récentes

Les faits dénoncés dans l’enquête sont majoritairement des crimes. 71 % des situations concernent des viols, qu’il s’agisse de viols seuls (44 %) ou de viols associés à d’autres violences (27 %).

Ces violences sont par ailleurs largement contemporaines : 48 % ont été commises entre 2020 et 2025, et 36 % entre 2010 et 2019. Les entraves au dépôt de plainte ne concernent donc pas principalement des faits anciens, mais des violences récentes et juridiquement poursuivables.

Des agresseurs le plus souvent connus des victimes

L’enquête confirme également que les violences sexuelles s’inscrivent majoritairement dans des relations de proximité. 58 % des situations relèvent d’un cadre intrafamilial, dont les trois quarts dans un contexte conjugal (conjoint ou ex-conjoint).

Même hors sphère familiale, l’agresseur est rarement un inconnu. Les auteurs sont par ailleurs très majoritairement des hommes adultes (92 %).

Le premier accueil : un moment décisif

Les situations rapportées mettent en évidence le rôle déterminant du premier accueil par les forces de l’ordre.

Si 64 % des victimes ont finalement pu déposer plainte, cela a souvent été après avoir insisté. Dans les autres cas, les personnes ont été découragées (21 %), confrontées à un refus d’enregistrement (9 %) ou orientées vers une main courante (6 %).

Ces résultats montrent que le commissariat constitue un point de bascule dans le parcours des victimes. Lorsque la plainte n’est pas enregistrée ou lorsque la victime est dissuadée, l’accès à la justice est immédiatement compromis.

Un enjeu central pour la lutte contre l’impunité

Cette enquête met en lumière un paradoxe : les violences les plus graves, souvent commises par des proches et récemment survenues, peuvent rencontrer des obstacles dès le premier contact avec l’institution.

Le premier accueil apparaît ainsi comme un maillon essentiel de la chaîne pénale, dont les pratiques ont des conséquences directes sur l’accès des victimes à la justice et sur la lutte contre l’impunité des violences sexuelles.

Inscription – 40 ans du CFCV

👉   

Soirée d’histoire et de luttes – 40 ans du Collectif Féministe Contre le Viol

Mercredi 15 octobre 2025 – 18h30
Mairie de Paris Centre
2 rue Eugène Spuller – 75003 Paris

Le Collectif Féministe Contre le Viol vous convie à une soirée d’histoire et de luttes contre le viol : 

  • Présentation des études réalisées par le CFCV à partir des témoignages recueillis sur les lignes nationales :
    « Viols Femmes Informations – 0 800 05 95 95 »
    « Violences Sexuelles dans l’Enfance – 0 805 802 804 »
  • Echanges avec des invité·es engagé·es
  • Moment de transmission et de mobilisation collective

👉  Télécharger l’invitation 

👉  Télécharger le programme et la présentation des intervenantes

Entrée gratuite – Inscription obligatoire (places limitées)
Réservez votre place dès maintenant via le formulaire ci-dessus.

Au moindre doute

Notre dernière campagne 

Laura a été violée par son ex-petit fiancé. Elle se rend sur des forums internet pour obtenir une réponse à sa question : a-t-elle oui ou non été violée? Les internautes ne prennent pas sa détresse au sérieux et vont jusqu’à la culpabiliser.

« A qui en parler ?
Qui peut l’entendre ?
Qui peut comprendre ? »

Notre dernière campagne de sensibilisation — créée en partenariat avec CLM BBDO rappelle l’existence de la ligne d’écoute « Viols-Femmes Information 0 800 05 95 95 ». Il est essentiel d’être à l’écoute de toutes les nombreuses victimes silencieuses et d’avoir une écoute professionnelle.

Si vous aussi vous ne savez pas à qui poser vos questions,
appelez « Viols-Femmes Information 0 800 05 95 95 ».

2016 – Proches

Proches

Le viol est un crime que subissent en France 86 000 femmes adultes chaque année. Près de 80 % des coupables sont des proches des victimes.

« À qui en parler ? Qui peut l’entendre ? Qui peut comprendre et aider ?

Victime d’un viol, elle a besoin qu’on lui dise que le seul coupable et responsable est celui qui a commis les faits, qu’elle n’y est pour rien et qu’on peut l’aider.

Victime d’un viol, elle a besoin d’écoute, de soutien, de justice, de soins. Elle pourra alors surmonter les effets du viol, faire valoir ses droits, reprendre sa route », déclare la Dre Emmanuelle Piet, présidente du Collectif Féministe Contre le Viol.

 

Si vous aussi vous ne savez pas à qui poser vos questions,

appelez « Viols-Femmes information 0 800 05 95 95 ».