Enquête Médiapart et Rue89Lyon : « Inceste : les dix ans de lutte d’une mère contre les défaillances de la justice »

Enquête Médiapart et Rue89 Lyon : « Inceste : les dix ans de lutte d’une mère contre les défaillances de la justice »

 

À Saint-Étienne, une mère dénonce l’incapacité de la justice à protéger sa fille de 10 ans. Elle a déposé plainte pour la première fois contre le père de celle-ci pour agression sexuelle en 2017. Les travailleurs sociaux décrivent un « climat incestuel », mais il dispose toujours d’un droit de visite.

 

Article de Margot Hemmerich (Rue89 Lyon) publié par Médiapart le 21 juin 2026

EXTRAIT DE L’ARTICLE : 

 

 justice a toujours fait primer la présomption d’innocence sur le principe de précaution. Or, nous sommes devant un juge des enfants, censé protéger ma fille avant tout. » Si Julia Vallet* a décidé de parler, c’est uniquement pour cela : protéger sa fille. Une ultime bouteille à la mer après plus de dix ans de calvaire durant lesquels la justice, elle, semble avoir échoué à le faire.

Son histoire contient à elle seule tous les griefs reprochés à l’institution judiciaire en matière de traitement des affaires d’inceste. Classements sans suite, inversion de la culpabilité, condamnation de la mère pour enlèvement d’enfant, placement à l’aide sociale à l’enfance (ASE) et maintien des droits du père. Autant de dysfonctionnements soulevés par la commission d’enquête parlementaire sur le traitement judiciaire de l’inceste, dont les audiences ont pris fin le 22 mai.

« Dans cette affaire, il y a tous les éléments caractéristiques de la maltraitance institutionnelle qui s’abat sur les mères lorsqu’elles dénoncent des faits d’inceste commis sur leur enfant », abonde Marie Sablon, avocate de Julia Vallet. « Avec, cette fois-ci, une situation assez inédite, à savoir que même les professionnels de la protection de l’enfance ne sont pas écoutés. »

Retrouvez l’article dans son intégralité : 

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Plaintes entravées : ce que révèle l’enquête 2025 du CFCV

Plaintes refusées, découragées, détournées ou déqualifiées.

En novembre et décembre 2025, le Collectif Féministe Contre le Viol a mené une enquête intitulée Plaintes refusées, découragées, détournées ou déqualifiées

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Plaintes entravées : ce que révèle l’enquête 2025 du CFCV

 

En novembre et décembre 2025, le Collectif Féministe Contre le Viol a mené une enquête intitulée Plaintes refusées, découragées, détournées ou déqualifiées. À partir de 78 situations rapportées et de 20 témoignages reçus sur les lignes d’écoute, cette étude documente les obstacles rencontrés par des victimes de violences sexuelles lorsqu’elles tentent de déposer plainte auprès des forces de l’ordre.

Des violences graves et récentes

Les faits dénoncés dans l’enquête sont majoritairement des crimes. 71 % des situations concernent des viols, qu’il s’agisse de viols seuls (44 %) ou de viols associés à d’autres violences (27 %).

Ces violences sont par ailleurs largement contemporaines : 48 % ont été commises entre 2020 et 2025, et 36 % entre 2010 et 2019. Les entraves au dépôt de plainte ne concernent donc pas principalement des faits anciens, mais des violences récentes et juridiquement poursuivables.

Des agresseurs le plus souvent connus des victimes

L’enquête confirme également que les violences sexuelles s’inscrivent majoritairement dans des relations de proximité. 58 % des situations relèvent d’un cadre intrafamilial, dont les trois quarts dans un contexte conjugal (conjoint ou ex-conjoint).

Même hors sphère familiale, l’agresseur est rarement un inconnu. Les auteurs sont par ailleurs très majoritairement des hommes adultes (92 %).

Le premier accueil : un moment décisif

Les situations rapportées mettent en évidence le rôle déterminant du premier accueil par les forces de l’ordre.

Si 64 % des victimes ont finalement pu déposer plainte, cela a souvent été après avoir insisté. Dans les autres cas, les personnes ont été découragées (21 %), confrontées à un refus d’enregistrement (9 %) ou orientées vers une main courante (6 %).

Ces résultats montrent que le commissariat constitue un point de bascule dans le parcours des victimes. Lorsque la plainte n’est pas enregistrée ou lorsque la victime est dissuadée, l’accès à la justice est immédiatement compromis.

Un enjeu central pour la lutte contre l’impunité

Cette enquête met en lumière un paradoxe : les violences les plus graves, souvent commises par des proches et récemment survenues, peuvent rencontrer des obstacles dès le premier contact avec l’institution.

Le premier accueil apparaît ainsi comme un maillon essentiel de la chaîne pénale, dont les pratiques ont des conséquences directes sur l’accès des victimes à la justice et sur la lutte contre l’impunité des violences sexuelles.

Relais des formulaires de l’association Incesticide – Commission d’enquête sur le traitement de l’inceste parentale et la situation des parents protecteurs

Le 28 janvier 2026, le projet de création d’une commission d’enquête sur « le traitement judiciaire des violences sexuelles incestueuses parentales commises contre les enfants et la situation des parents protecteurs, notamment des mères protectrices », porté par le député Christian Baptiste, a été adopté par l’Assemblée nationale.

Dans ce cadre, l’association Incesticide a créé deux formulaires afin d’alimenter le travail de la commission.

 

« Formulaire 1 – Recommande des personnes à auditionner
Tu sais qui doit être entendu par la Commission ? Propose des noms : ceux qui ont dysfonctionné, ceux qui ont bien travaillé, ceux qui ont été témoins impuissants. Un formulaire = une personne. Jusqu’à 11 recommandations. »

Formulaire accessible ici 

Date limite pour remplir le formulaire : le 1er mars 2026

 

« Formulaire 2 – Signale les dysfonctionnements
Tu as vécu des blocages dans ton parcours de protection ? La police, la justice, l’ASE, les experts, les avocats… Décris chaque dysfonctionnement un par un, avec tes preuves et tes solutions. Un formulaire = un point de blocage. Tu peux le remplir autant de fois que nécessaire. »

Il est conseillé de préparer vos réponses avant de remplir le formulaire 2 à l’aide de ce fichier Excel

Formulaire accessible ici

Date limite pour remplir le formulaire : 8 mars 2026

Pour plus d’informations vous pouvez vous rendre sur le site internet de l’association Incesticide

  Un appel à témoins de la gendarmerie pour retrouver des victimes de Jacques Leveugle

RELAIS

 

Un appel à témoins de la gendarmerie pour retrouver des victimes de Jacques Leveugle

Appelez le N° vert 0 800 20 01 42

RELAIS DE L’APPEL DIFFUSE SUR LE SITE DE LA GENDARMERIE :

 

En septembre 2023, un septuagénaire est dénoncé pour une suspicion d’agressions sexuelles multiples commis dans plusieurs pays entre 1967 et 2022.

 

La Gendarmerie nationale ouvre une enquête, qui aboutit à la mise en examen et au placement en détention provisoire du mis en cause.

De nombreuses investigations, notamment l’exploitation des mémoires du mis en examen, permettent de dénombrer 89 victimes mineures, dont une majorité a été à ce stade contactée et entendue. La personne suspectée, Jacques Leveugle, 79 ans, a séjourné durant son parcours dans de nombreux pays et en Nouvelle-Calédonie, exerçant au sein d’associations ou d’établissements scolaires en tant qu’éducateur, moniteur de spéléologie, professeur de français…

Dans ce cadre, afin d’identifier des victimes que l’auteur n’aurait pas mentionnées, mais aussi d’éclairer les zones d’ombre subsistant dans le parcours du suspect, la Section de recherches de Grenoble, ainsi que le Groupement de gendarmerie départementale de l’Isère, lancent un appel à témoins.

Toute personne ayant été témoin ou victime des agissements du mis en cause est priée de contacter sans tarder les enquêteurs au numéro vert inscrit sur l’affiche.

 

 

Le numéro à contacter : 0 800 20 01 42

Lien vers l’appel à témoins

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Appel à témoignages pour un Grand Reportage sur France Culture

Appel à témoignages : Victime de violences sexuelles, d’agression sexuelle ou de viol, mal reçue par les policiers et gendarmes

Victime de violences sexuelles, d’agression sexuelle ou de viol, vous avez été mal reçue par les policiers et gendarmes. Vous avez hésité ou renoncé à porter plainte, écrivez-moi à julie.pacaud@radiofrance.com

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