Shaïna

Shaïna

Shaïna Hansye a été victime de violences conjugales, de viols en réunion, de violences volontaires, de harcèlement après sa plainte puis d’assassinat. Shaïna est victime du 125e féminicide conjugal décompté en 2019. Elle avait 15 ans. Les faits pour violences sexuelles ont été correctionnalisés.  Plusieurs agresseurs sont mis en cause.

 

Les crimes des uns et les négligences de la justice ont nourri les crimes des autres.

 

Rappel des faits :

 

En 2016, Shaina a 13 ans, elle rencontre son petit-copain qui est l’un des agresseurs.

Il la violente, la force à se déshabiller et prend des photos d’elle qu’il menace de publier pour qu’elle accepte des relations sexuelles. En 2017, Shaïna rejoint le garçon avec une amie dans un hôpital désaffecté. Il est présent avec deux de ses amis. Ils la violent en réunion puis la menacent de diffuser les images et de la frapper. Une plainte est déposée le jour même.

Les trois agresseurs sont mis en examen pour « viol aggravé, enregistrement d’images à caractère pornographique et violences ».  Le viol est ensuite requalifié en « agression sexuelle en réunion ».

L’agresseur la menace sur les réseaux. Shaïna ne peut pas sortir sans surveillance, elle est la cible de rumeurs de plus en plus virulentes.

 

En mai 2019, l’agresseur et ses alliés, une dizaine de garçons, la violentent. Shaïna est hospitalisée, inconsciente.

 

En octobre 2019, Shaïna vient d’apprendre qu’elle est enceinte d’un garçon qu’elle a rencontré pendant l’été. Elle l’en informe. Il la poignarde à plusieurs reprises, l’asperge d’essence et la brûle.

 

Nous revendiquons :

 

  • Que tout au long de la procédure les victimes soient protégées des menaces de mort, intimidations ou manipulations.
  • Que les dispositions de suivi judiciaire prévues par la loi soit réellement appliquées

 

Le viol est un crime et non un délit. La pratique judiciaire de la correctionnalisation des faits nie le viol et le requalifie en agression sexuelle.  La procédure et les sanctions ne sont pas adaptées à la gravité des faits.

 

Le CFCV est partie civile auprès de la famille de Shaïna. Nous lui adressons tout notre soutien.

Revue de presse :

Lorraine De Foucher, « Shaina, 15 ans, poignardée et brûlée vive à Creil : « Ce n’est pas un fait divers, mais un fait de société » » – le 31/01/2022 [En ligne : https://www.lemonde.fr/societe/article/2021/09/05/shaina-15-ans-poignardee-et-brulee-vive-a-creil-ce-n-est-pas-un-fait-divers-mais-un-fait-de-societe_6093462_3224.html ]

Laure Daussy, « Moi, Shaïna, violée, tabassée, tuée… et enterrée par tout le monde » – le 28/01/2022 [En ligne : https://charliehebdo.fr/2022/01/justice/moi-shaina-violee-tabassee-tuee-et-enterree-par-tout-le-monde/])

Disparition de Geneviève Grattesat et Rosine Maury

C’est avec tristesse que nous apprenons la disparition de Geneviève Grattesat et Rosine Maury. Toutes deux étaient à l’origine avec d’autres de la création du Collectif Féministe Contre le Viol en 1985.

Nous saluons leur engagement, elles ont été toutes les deux de formidables écoutantes, formatrices et elles ont accompagnées le CFCV dans ses nombreuses missions consultatives.

Toutes nos pensées sont pour elles.

Rosine Maury

Crédit photo : Jean-Louis Courtinat

J’avais travaillé longtemps dans des mouvements féministes, à Paris, Poitiers, Essonne, Orsay pour obtenir avec le Planning Familial la loi en faveur de la CONTRACEPTION, puis en faveur de la LOI VEIL pour l’AVORTEMENT, quand il nous apparut qu’il fallait maintenant penser au Viol . Je recevais dans les permanences du Planning Familial de Paris où je militais alors, des FEMMES VI0LEES qui ne savaient à qui parler, ni à qui s’adresser. La honte les empêchait de parler. La police à ce moment là ne savait pas les recevoir. En fait tout le monde les culpabilisait : l’opinion publique, avec ses nombreuses « idées reçues » sur le viol, leur famille et amies auprès desquelles la honte et la culpabilité les empêchaient de se confier et c’était pire encore quand le violeur est un proche. Il existait seulement alors une Consultation médicale d’Urgence à L’Hotel Dieu, très peu connue.

Et pourtant une excellente LOI venait de définir clairement le VIOL comme un CRIME, (dont chaque terme a son importance) :
 » Tout acte de PENETRATI0N SEXUELLE, de QUELQUE NATURE qu’il soit, sur la PERSONNE d’AUTRUI, par VIOLENCE, CONTRAINTE, MENACE ou SURPRISE est un VI0L « 

La conjonction de la date de cette loi et la grand difficulté dans laquelle les permanentes comme moi de divers mouvements féministes (JEUNES FEMMES, MAISON DES FEMMES…) se trouvaient pour accueillir les femmes violées, nous a réunies chaque semaine et pendant plusieurs mois nous avons réfléchi et trouvé que la meilleure solution était de créer et assurer un TELEPHONE NATIONAL GRATUIT et ANONYME Ainsi s’est créé le CFCV = C0LLECTIF FEMINISTE CONTRE LE VI0L. J’ai travaillé bénévolement à ce téléphone dès sa création et jusqu’à ce que mon audition devienne insuffisante à cause de mon âge .

Rosine Maury

Geneviève Grattesat

Crédit photo : Jean-Louis Courtinat

Pourquoi ai-je été à la création du CFCV ?

Comment répondre à cette question qui non seulement concerne un moment mais une orientation de vie, en fonction de l’actualité de l’époque, selon sa personnalité et sa pensée …
Très jeune, choquée par les inégalités entre les femmes et les hommes, je suis devenue féministe.
Comme beaucoup de jeunes à la Libération j’ai milité pour une société plus juste – la libération sexuelle, l’ASD « accouchement sans douleur » – m’a amenée à agir pour la contraception, l’avortement, …, avec le MFPF. Lors de permanences, en parlant de leur vie sexuelle, des femmes ont exprimé les violences sexuelles subies, ce qui m’a fait découvrir cette zone de silence maintenue par la domination masculine pesant sur la société.
Pour faire connaitre et dénoncer ces faits avec des associations féministes, j’ai participé activement à la création du CFCV, et un n° « vert » – gratuit- afin que les victimes puissent parler et être écoutées et ainsi se libérer du mal caché qu’elles portaient. Pour moi : une lutte pour le droit des femmes à être libres.

Geneviève Grattesat

Relai Etude VIGYN : Appel à témoignages – Suivi gynécologique de femmes victimes de violences sexuelles

Appel à témoignages - Etude VIGYN

Dans le cadre d’une thèse de santé-publique menée par une sage-femme doctorante, nous recherchons des femmes victimes de violences conjugales ou sexuelles qui accepteraient de répondre à des questions relatives à la santé gynéco-obstétricale et au suivi gynécologique.
Les entretiens seront analysés de manière anonyme. Ils pourront se dérouler en face à face (en région parisienne), par téléphone ou en visio.
Pour tout complément d’information, vous pouvez contacter le mail suivant : etudevigyn@gmail.com.
En vous remerciant, par avance, de l’intérêt porté à cette étude.

Après un viol, parler c’est commencer à se reconstruire

Viols Femmes Informations

0 800 05 95 95

20 novembre : marche contre toutes les violences sexistes et sexuelles !

20 novembre : marche contre toutes les violences sexistes et sexuelles !

Nous marcherons ensemble le 20 novembre contre toutes les violences sexistes et sexuelles !

Depuis de nombreuses années, autour du 25 novembre, journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles, nos associations manifestent pour être entendues de la société et des responsables politiques. Nous y avons toujours affirmé que les violences masculines s’inscrivent dans un continuum : violences conjugales qui peuvent être physiques, sexuelles, psychologiques, ou économiques, harcèlement, agressions sexuelles, viols, prostitution, mutilations sexuelles, discriminations diverses en raison du sexe, jusqu’aux féminicides. Elles ont des causes communes, au premier rang desquelles le sexisme et la culture du viol qui doivent être combattues ensemble.

C’est la raison pour laquelle nous marcherons ensemble le 20 novembre contre toutes les formes de violences, et notamment contre tout achat d’actes sexuels. La prostitution est une violence sexiste et sexuelle, et sa disparition une condition pour atteindre l’égalité entre les femmes et les hommes. Nous assumons pleinement cette analyse féministe qui repose sur notre action depuis des dizaines d’années auprès des victimes de violences sexistes et sexuelles. Nous luttons contre le système prostitueur, qui n’existe que parce que des hommes achètent des actes sexuels à des femmes (très majoritairement) et des enfants. Et nous luttons avec et aux côtés des personnes prostituées.

Depuis quelques années, il est devenu difficile, parfois dangereux, de dénoncer le système prostitueur. Les intimidations, menaces ou violences commises à l’encontre de survivantes de la prostitution ou de militant·e·s abolitionnistes au sein même des cortèges lors des manifestations sont inacceptables. Elles doivent être dénoncées par toutes les militant·e·s féministes, quelle que soit leur position sur le sujet de la prostitution. Elles doivent également être anticipées et empêchées par les organisatrices des manifestations à Paris et dans toute la France.

Nous marcherons le 20 novembre contre toutes les violences sexistes et sexuelles et vous invitons à nous retrouver dans toutes les villes de France.

À Paris, nous nous retrouverons au sein du cortège abolitionniste dès 13h30 au 13 Place de La République (devant la boutique Camaïeu) pour un départ de la marche #NousToutes prévu à 14h.

Retrouvez plus d’informations sur la manifestation ici

Signataires :

Nos associations accompagnent au quotidien les victimes de violences sexistes et sexuelles et luttent contre ces violences :

Solidarité Femmes

La Fédération nationale solidarité femmes, regroupe 73 associations issues du mouvement féministe qui accueillent et hébergent les femmes victimes de violences et a créé et gère le numéro d’appel 3919.

La Fédération nationale des centres d’informations sur les droits des femmes et des familles regroupe 104 centres départementaux pour informer, orienter et accompagner en priorité les femmes sur leurs droits notamment en matière de lutte contre les violences sexistes.

Le Collectif Féministe Contre le Viol a créé et assure la permanence téléphonique nationale Viols-femmes-informations (0800 05 95 95) qui propose aux personnes qui ont subi des violences sexuelles une écoute, un soutien solidaire et des informations pour les démarches qu’elles veulent entreprendre. Le CFCV gère également la ligne violences sexuelles dans l’enfance (0805 802 804).

Le Mouvement du Nid, association nationale présente dans 26 départements, aux côtés des personnes prostituées, lutte contre les causes et les conséquences de la prostitution à travers ses actions de rencontre sur les lieux de prostitution, d’accueil et d’accompagnement inconditionnel.

Amicale du Nid, association nationale impliquée dans 15 départements : prévention, sensibilisation, formation, “aller-vers », accueil, accompagnement social global, insertion socio-professionnelle, appui juridique, hébergement et logement accompagné.

Osez le féminisme ! agit dans 26 départements et à l’échelle nationale pour élever le niveau de féminisme dans la société et contribuer à faire progresser les droits des femmes et l’égalité femmes-hommes dans les mentalités et dans les faits.

L’Assemblée des Femmes est une association féministe universaliste, abolitionniste, laïque, antiraciste, antisexiste, antipatriarcale et anti dominations croisées présidée par Laurence Rossignol, sénatrice de l’Oise et ancienne ministre des Droits des femmes et née en 1992 du combat pour la parité en politique.

Les effronté-es, association féministe intersectionnelle et LGBTQI+, trans inclusive, nous sensibilisons le public aux droits des femmes, des minorités de genre et des minorités sexuelles, nous accompagnons les victimes de violences masculines, et nous participons à la lutte contre le système prostitueur, dans une démarche en adéquation avec notre approche matérialiste, intersectionnelle, et anticapitaliste.

Femmes solidaires, mouvement féministe, laïque et d’éducation populaire, agit dans tous les territoire pour lutter contre les violences faites aux femmes et pour l’universalité de leurs droits. Nous nous adressons à toutes les femmes qui veulent défendre leurs droits et leur liberté en leur permettant de devenir actrice et d’oser une parole.

Atelier pancartes : Osez le Féminisme vous invite vivement à les retrouver dans leur local dès la veille au soir (vendredi 19 novembre à partir de 19:30) pour préparer le cortège (élaboration de pancartes, chants, slogans féministes, ….), tout cela autour d’un apéro sorore et militant !
Inscrivez-vous à l’atelier de vendredi soir ici !